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Commémoration le 11 novembre 2017

Le père Achille a célébré une messe en présence des anciens combattants, des représentants des municipalités, de l'orchestre d'harmonie de Romilly sur Andelle et des paroissiens.

  Photos/ Célébration: Prière universelle et Oraison/ Témoignages de "poilus" (Diocèse aux armées)

 

Pape François: « La paix est un don que les hommes ne doivent jamais cesser de demander au Père : Dona Nobis Pacem. …La paix est don de Dieu, mais don confié à tous les hommes et à toutes les femmes appelés à le réaliser. »

 

Photos de la célébration

 

Anciens combattants 11 novembre 2017

 

 

 

      Les anciens combattants lors de la célébration.

 

 

 

 

Orchestre d'harmonie de Romilly sur Andelle

 

 

 

 

 

L'orchestre d'harmonie de Romilly sur Andelle a interprété des oeuvres de Bach, Haendel et Mozart.

 

 

 

Célébration en présence des représentants des municipalités

 

 

 

 

 

 

 

  Les représentants des municipalités et    la communauté paroissiale

 

 

 

Homélie du père Achille Tati

 

 

 

 

 

 

 

 

L'homélie du Père Achille

 

 

                               

                                        

Prière Universelle

commune à tous les diocèses

①   Seigneur Jésus, toi le Fils de Dieu, tu t’es fait l’un de nous, naissant et vivant dans un
          pays soumis à  l’envahisseur. Toi qui as connu la trahison des uns, la violence
          d’autres, tu es resté fidèle au Père, appelant chacun à accueillir la vérité et à la
          servir.
Nous te prions pour la France, pour le monde toujours en proie à la violence.
Nous te prions pour tous les dirigeants politiques et économiques afin qu’ils accomplissent leurs responsabilités dans un esprit de service pour le bien de tous.
Avec saint Martin, nous prions.

 

②  Seigneur Jésus, toi l’étranger à qui la Samaritaine n’a pas refusé de  donner à boire,
        nous te prions pour tous les peuples qui sont venus nous aider durant la Grande
        Guerre ; ils se sont faits « notre prochain » en traversant les mers jusqu’à nous.

Donne nous aujourd’hui de savoir nous faire proches et  aider et accueillir l’étranger, le migrant, qui sont victimes de la guerre, de la persécution, de la faim  et se trouvent dans la détresse.
 Avec saint Martin, nous prions.

 

③  Seigneur Jésus, toi le Sauveur  qui librement,  par amour pour chacun de nous, a
        donné ta vie sur la croix
        Nous te prions pour ceux qui ont donné leur vie  durant la Grande Guerre et pour
        ceux qui aujourd’hui  tombent au service de notre pays.
Toi qui as soutenu Marthe et Marie à la mort de ton ami Lazare, regarde les familles endeuillées et donne nous les mots et gestes de compassion et de respect.
Avec saint Martin, nous prions.

 

④  Seigneur Jésus, toi le Ressuscité,  au soir de Pâques, ta première salutation aux
       apôtres encore affligés et apeurés,  a été « la paix soit avec vous » 
        Nous te prions : renouvelle en nous le don de ta paix.
Que dans nos villages, nos villes, dans notre monde  se lèvent de véritables bâtisseurs de paix et de fraternité. Qu’ils ne se lassent pas de remettre sans cesse la main à leur ouvrage.  (ou  Qu’ils ne se lassent pas d’œuvrer pour la paix).
Avec saint Martin, nous prions.

Oraison de Jean-Paul II

 

Écoute ma voix, car elle est la voix de toutes les victimes de toutes les guerres et de la violence entre individus et entre nations

Écoute ma voix, car elle est la voix de tous les petits enfants qui souffrent et souffriront chaque fois que les peuples mettront leur confiance dans les armes et dans la guerre.

Écoute ma voix, quand je te prie de répandre dans le cœur de tous les êtres humains la sagesse de la paix, la  force de la justice et la joie de l’amitié.

Écoute ma voix, parce que je parle pour les foules de tous pays et toutes périodes de l’histoire qui ne veulent pas la guerre et sont prêtes à parcourir le chemin de la paix.

Écoute ma voix, et donne –nous la capacité et la force afin de pouvoir répondre à la haine par l’amour, à l’injustice par un total dévouement à la justice, à la misère par notre solidarité, à la guerre par la paix.

Dieu, écoute ma voix, et donne ta paix au monde pour toujours !

Témoignages de la Grande Guerre

Diocèse aux armées

Ma petite, il faut que je me tire d’ici
                                                                                                     Aux armées, le 25 mai 1917

                Je trace des lignes à la plus grande gloire de tout le Carmel, en la personne de sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus. Simple sergent au 70è d’infanterie, j’ai toujours eu pour elle une dévotion et une confiance sans bornes.
               Nous avons attaqué le 30 avril dernier, et l’action fut des plus rudes.  Je m’étais mis sous la protection de la sainte, mais les mitrailleuses allemandes nous fauchaient sans pitié. A ce moment critique, je dis à sœur Thérèse : » Ma petite, il faut que je me tire d’ici ; à toi de me secourir, et je publierai ton intervention. »  A peine cette prière formulée, on m’envoya porter un ordre au lieutenant, et, ayant fait quelques pas, j’entendis une détonation derrière moi. Je me crus blessé, et néanmoins je continuai ma route. Le soir venu, quand nous pûmes enfin poser sac à terre, j’ouvris le mien, et quelle ne fut pas ma surprise de voir mon linge en charpie, mes boîtes de sardines dessoudées, mes papiers et lettres pulvérisés. J’avais reçu une balle explosive dans le dos, qui heureusement s’était arrêtée à temps, sans pénétrer même ma capote. Je devais donc la vie à ma sainte protectrice. J’ai placé mes hommes sous sa garde, et elle veille sur eux incontestablement.     

                                                                                                                           P. Boschet,
                                                                                            sergent au 70è d’infanterie, 11è compagnie

                                                         **************
De la vaillance au découragement
(lettre d’une mère de famille publiée dans « La Grande guerre du XXè siècle » n°6, 1917)

                Monsieur l’aumônier,  une note ayant paru dans mon journal La Croix pour indiquer aux familles la manière de se mettre en rapport avec les prêtres du régiment de leur fils, j’en profite. Jusqu’ici je savais mon fils bon chrétien, vaillant. Je le laissais libre et ne voulais pas avoir l’air de m’immiscer dans ses affaires personnelles. Mais la guerre en se prolongeant use les énergies. Mon enfant se trouve dans une passe difficile. Cet été, il était plein d’ardeur, et, voyant que la fin du fléau ne se fait pas entrevoir, je sens dans toutes ses lettres le découragement. Voici dix-huit mois qu’il est sur le front… C’est vous dire qu’il a été un peu partout…
A cette heure, il faut plus d’énergie que jamais. Je lui parle comme à un chrétien, mais, à un troisième hiver, c’est bien dur de parler de sacrifice ! Aussi je compte sur votre cœur de prêtre pour remonter cet enfant. Jusqu’ici, il est resté fidèle à ses pratiques chrétiennes, mais les natures délicates souffrent plus de cette vie de camp, où rien n’élève l’esprit.

*************

Fier d’être Français    
 (Lettre d'un soldat juif à son général)
                                                                                                                                                                                                                                                                     Le 6 septembre 1917
Mon Général,
Je me suis permis de demander à passer dans l’infanterie pour des motifs d’ordre personnel. Mon cas est en effet assez différent de celui de la plupart des combattants.
Je fais partie d’une famille israélite, naturalisée française, il y a un siècle à peine. Mes aïeux, en acceptant l’hospitalité de la France, ont contracté envers elle une dette sévère ; j’ai donc un double devoir à accomplir : celui de Français d’abord ; celui de nouveau Français ensuite.  C’est pourquoi je considère que ma place est là où les risques sont les plus nombreux.
Lorsque je me suis engagé, à 17 ans, j’ai demandé à être artilleur sur la prière de mes parents et les conseils de mes amis qui servaient dans l’artillerie. Les «appelés» de la classe 1918 seront sans doute envoyés prochainement aux tranchées. Je désire les y devancer.
Je veux après la guerre, si mon étoile me préserve, avoir la satisfaction d’avoir fait mon devoir, et le maximum de mon devoir. Je veux que personne ne puisse me contester le titre de Français, de vrai et bon Français.
Je veux, si je meurs, que ma famille puisse se réclamer de moi et que jamais qui que ce soit ne puisse lui  reprocher ses origines ou ses parentés étrangères.

J’espère être physiquement capable d’endurer les souffrances du métier de fantassin et vous prie de croire, mon Général, que de toute mon âme et de tout mon cœur je suis décidé à servir la France le plus vaillamment possible.
Veuillez agréer, mon Général, l’assurance de mon profond respect et de mon entier dévouement.
                                                                                                        Henry LANGE

Henry Lange  fut tué le 10 septembre 1918 à la tête de sa section. Il avait vingt ans.
Paroles de poilus (lettres et carnets du front 1914-1918)  ed.  Folio

                                                             **************

Un troisième hiver de guerre
 Extrait des Carnets de l’abbé Cabaret
(prêtre, il n’était pas aumônier mais éclaireur dans un régiment d’artillerie)

Samedi 3 février 1917 : dès le matin, je pars en compagnie d’un puni de prison, pour prendre «au mannequin » la garde pendant 8 heures. Lorsque midi arrive nous voulons goûter à la pitance que nous avons apportée : une tranche de porc froid. Comme il est frais c’est encore ce qui nous paraît le meilleur. Le pain est gelé : la mie, en particulier, offre l’aspect de la neige sous le soleil. La croûte passe encore, mais chaque bouchée de mie produit sur la langue une sensation de neige. Pour le vin  c’est autre chose : une fois versé dans le quart il achève de se cristalliser à moitié ; une seule gorgée avalée nous serre les tempes comme dans un étau et fait songer à la congestion. Ce n’est pas du liquide mais une sorte de gelée de groseille qui s’agglomère dans la moustache. Il faut se consoler en pensant que, ce soir, ce sera la même chose, même froid, même menu…Quand il est 10 h, j’étends par terre deux couvertures. Tout habillé je m’étends à côté de mon prisonnier dans l’étroit espace du souterrain…Nous attendons le sommeil qui tarde bien : nous avons si froid ! Enfin la fatigue l’emporte. Je me réveille vers 2 h du matin, le visage glacé, du frimas plein la moustache et la barbe, jusqu’au menton. Je ne sens plus mes pieds. La nuit, pour moi, n’est plus un repos mais une continuelle souffrance. Si je n’avais quelqu’un à côté de moi je crois bien que je pleurerais de douleur et de dégoût.

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Le triple hommage de l’affection, du respect et de la prière
  
(Extraits de la Lettre pastorale de Mgr de LLobet, évêque de Gap. Il  fut appelé sous les drapeaux en 1916 et  sera démobilisé en 1919. Il sera un des deux seuls évêques appelés sous les drapeaux)                                                                                                         

                                                                                                      Aux Armées, 14 octobre 1917 
Nos très chers frères,

La commémoration des Fidèles trépassés et les jours attristés de novembre dirigeront vos pas, à la ville comme à la campagne, vers la terre sacrée des cimetières qui gardent les corps de vos chers disparus….  Que de tombes, hélas ! doublement chères celles-là, auprès desquelles il ne vous est point permis d’épancher votre douleur et votre tendresse !
Lorsque la vague ennemie aura été refoulée, le territoire libéré verra venir ceux qui auront la consolation de pouvoir s’agenouiller sur la tombe des valeureuses victimes de la lutte héroïque. La vue de ces immenses nécropoles qui jalonnent la ligne et témoignent de l’âpreté de la bataille, le spectacle de ces camps de mort où la fraternité du sommeil réunit ceux qu’a couchés inanimés la communauté du sacrifice emplira leurs âmes d’épouvante, d’admiration et de pitié.
Ils saisiront alors ce qui a passé de poignant, de tragique, dans le cœur de ceux qui vécurent ici les heures de la grande guerre. Aumôniers et soldats, en pénétrant recueillis, tête nue, dans ces cimetières, nous nous savons les délégués de la famille, de la patrie, de la religion et, à ces titres, nous tenons à honneur d’apporter à la mémoire de nos frères
d’armes le triple hommage de l’affection, du respect et de la prière.  ( …) Le présent n’aurait pas de sens, il ne serait pour ceux qui souffrent, pour les opprimés et les persécutés de ce monde, qu’une incohérence ou une injustice, une fatalité sombre ou une sinistre ironie, si l’au-delà, grâce à la parole révélatrice de Jésus-Christ, ne découvrait devant nous la certitude du jugement et des rétributions à venir.(…)  « Heureux ceux qui meurent dans la paix du Seigneur. Leur sépulcre sera glorieux. Leur espérance est pleine d’immortalité. »  C’est ainsi qu’a parlé l’Esprit Saint. N’est-il pas permis de penser que les longues et rudes souffrances qu’endurent nos soldats, celles qui accompagnent leur mort, la cause pour laquelle ils tombent, inclinent en leur faveur la souveraine clémence ?   Eux, ils ont fait « leur devoir ».  Ils n’ont refusé à la patrie ni leurs peines, ni leur sang.  Ils ont donné, pour la plupart, espérons-le, au Dieu de leur baptême, le gage d’une existence chrétienne, ou tout au moins le dernier battement d’un cœur pénitent.
Et vous, chers frères, quelle aide apporterez-vous aux besoins de leurs âmes ? (…) Oh ! Priez, nos très chers frères, priez pour ces âmes nombreuses qui attendent de vous soulagement et pitié….

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
un service solennel pour les âmes des soldats morts pour la France, au cours de la guerre actuelle, sera célébré en notre Eglise cathédrale, le 11 novembre [1917] à 10heures. ….

Extraits de la Lettre pastorale de Mgr de LLobet, évêque de Gap, recommandant la prière pour les morts et prescrivant un service pour les soldats morts pour la France.
 

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Salut, ô Vierge immaculée     

Saut, ô vierge immaculée,
brillante étoile du matin,
que l’âme incertaine et troublée
n’a jamais invoquée en vain !
De tes soldats exauce les prières,
du haut du ciel daigne les protéger.

Mère bénie entre toutes les mères,
sois leur propice au moment du danger.

Jadis, comme en un sûr asile,
nos jours s’écoulaient dans la paix,
tout semblait à nos cœurs facile,
et se paraît de doux attraits ;
Mais voici l'heure où de cruelles guerres
ont rendu lourd ce fardeau si léger.

(Cantiques et prières pour le temps de guerre, Librairie Mignard, 1915)